Bienvenue à Carantec

Carantec, la mer, la voile...

le 1er.03.2012

L’Homme et la mer, une relation sans fin, source d’inspiration de Baudelaire, Corbière et tant d’autres... Le Carantécois sur sa presqu’île, quant à lui, est bercé par les flots dès sa plus tendre enfance, vivant au gré des marées, tempêtes et embruns. Et c’est tout naturellement qu’il se tourne vers elle et cette baie, tellement redoutée et si difficile à apprivoiser, pour partir en quête de sensations et de liberté.

Prendre la mer... une expression qui scelle le destin d’une lignée de célèbres marins, partis de la Baie de Morlaix pour affronter les éléments et écrire la riche épopée maritime de la région. Citons-en quelques-uns...

Armand Léon, un parcours maritime peu banal

Né à Callot en 1912, Armand Léon a inscrit son nom dans l’histoire maritime de Carantec au XXème siècle. Autres temps, autres vents... Quand les navigateurs se livrent aujourd’hui à une recherche de sponsors, ils se mettaient autrefois dans le sillage des grands capitaines d’industrie. Le Carantécois était en effet le skipper attitré du banquier Edmond de Rothschild. Son frère Robert régatait, quant à lui, pour l’éditeur Gallimard. Avant d’être marins sur les yachts de milliardaires, Armand et Robert Léon appartenaient à la grande famille des goémoniers de Callot. Et c’est presque naturellement que l’on retrouve leur nom dans l’épopée du réseau Sibiril puisqu’à bord de l’Amity, un goémonier de 6.75m, ils conduisent le 14 février 1944, 22 évadés jusqu’à Falmouth, au terme d’une traversée de 22 heures et par forte tempête.
C’est en baie de Cannes que les deux frères Léon font la connaissance d’Edmond de Rothschild. « J’ai découvert la voile grâce à ces deux skippers carantécois... » a écrit par la suite celui-ci. Et quand la passion se mue en un grand rêve de mer, poussé par la puissance de la fortune, cela donne naissance à l’une des plus fabuleuses lignées de monocoques du siècle dernier, les « Gitana ». Couchers de soleil, rivages paradisiaques et beaux trophées vont ainsi ponctués la vie maritime d’Armand Léon. C’est à la barre du Gitana IV, par exemple, qu’il rafle tous les trophées dans les années 60, détenant notamment le record du Fastnet en Irlande pendant 19 ans, et qu’il dame le pion au passage à d’illustres concurrents comme Éric Tabarly et Gaston Deferre.

Autre exploit remarquable réalisé en cotre cette fois, un peu plus tôt, par le commandant Louis Bernicot, navigateur solitaire parti à bord de son bateau de 12,5 m de long, l’Anahita, de Carantec le 26 août 1936. Il fut le premier navigateur solitaire à réussir la traversée du détroit de Magellan, faisant escale au Chili, puis à Tahiti, puis à la Réunion pour accoster au Verdon le 30 mai 1938.

Louis Bernicot, navigateur solitaire

Autre exploit remarquable réalisé en cotre cette fois, un peu plus tôt, par le commandant Louis Bernicot, navigateur solitaire parti à bord de son bateau de 12,5 m de long, l’Anahita, de Carantec le 26 août 1936. Il fut le premier navigateur solitaire à réussir la traversée du détroit de Magellan, faisant escale au Chili, puis à Tahiti, puis à la Réunion pour accoster au Verdon le 30 mai 1938.

Carantec, fief de la voile sportive

Les eaux de la baie de Morlaix doivent posséder des vertus insoupçonnées... En 1968, au Championnat du Monde d’Optimist, 6 des 10 jeunes régatiers de l’équipe de France étaient des Carantécois ! Sportivement, depuis toujours, il y a eu des champions qui se sont formés ici. Et Carantec Nautisme, école des sports nautiques, de la découverte au perfectionnement, a vu de nombreux marins aujourd’hui compétiteurs au brillant palmarès, faire leurs premières armes dans la baie de Morlaix. Pour n’en citer que deux :

Jeremie Beyou Jérémie Beyou, carantécois de cœur, en est l’exemple. Héros de cette année 2011, c’est avec conviction que nous l’avons suivi lors de sa victoire dans la course du Figaro et sur la Transat Jacques Vabre, qu’il remporta en 15 jours, 18 heures, 13 minutes et 54 secondes avec son ami Jean-Pierre Dick.

Le Saint Politain Armel Le Cléac’h, baigné depuis son enfance dans les courants de la baie, n’est pas en reste. Il a notamment remporté la Solitaire du Figaro à deux reprises (2003 et 2010) et fini deuxième du Vendée Globe 2008-2009 lors de sa première participation.

Bruno Jourdren, une course pour l’or aux Jeux Olympiques

Dans quelques mois, en septembre 2012, Carantec va vibrer à l’heure des Jeux Olympiques. Le skipper et régatier Bruno Jourdren, carantécois depuis 5 ou 6 générations, représentera la France aux Jeux Paralympiques de Londres, du 1er au 6 septembre prochain, avec l’or en ligne de mire... En attendant ce grand rendez-vous, ce marin aussi dynamique qu’éclectique prépare une saison de course au large, et dés qu’il a un moment de libre, prend plaisir à encadrer les graines de champions de Carantec en Optimist !

Ce compétiteur passionné au palmarès aussi long qu’impressionnant (Vice-champion du Monde en 1994, triple champion d’Europe et de France de First Class8, Champion de France de course au large en 1996, vainqueur de la Transat Ag2r en 1998, médailler d’argent aux Jeux Paralympiques de Pékin...), brigue toujours et encore les meilleures places sur tous les plans d’eaux du monde, et cela malgré la perte de l’usage de son bras droit il y a 32 ans.

Ce carantécois là n’a pas fini de transmettre sa joie de régater, que ce soit entre deux bouées ou entre deux continents... Mais il n’en oublie pas pour autant la baie de ses origines : « Mon lien le plus fort ici, c’est la baie, forcément... Elle est magnifique, riche. C’est là que j’ai appris à faire du bateau. Et j’ai beau la connaître par cœur, je suis toujours émerveillé par ce site. C’est une chance inouïe de pouvoir pratiquer son sport dans un tel cadre. Pour la balade, pour le plaisir, c’est extra aussi. On peut faire de super escales un peu partout sur la côte, sur les îles... l’évasion est totale. »

Bruno Jourdren